Thermostat obligatoire 2027 : rétablissons la règle exacte

« Thermostat obligatoire 2027 » : le titre a circulé partout, et il est à moitié faux. La règle a changé fin 2025, et beaucoup d’articles, comme certains démarcheurs, continuent d’agiter une échéance qui ne concerne plus la majorité des logements. Voici ce que dit exactement le décret, qui doit installer et qui doit entretenir, combien coûte un thermostat, ce qu’il fait vraiment gagner, et pourquoi il ne dispense de rien d’autre.
Le thermostat obligatoire 2027 concerne-t-il votre logement ?
Probablement pas, si votre logement existe déjà. L’obligation reste fixée au 1er janvier 2027 pour les constructions neuves, mais elle a été reportée de trois ans, au 1er janvier 2030, pour les logements existants. Les titres qui annoncent un thermostat obligatoire partout en 2027 décrivent une règle qui a été modifiée depuis.
Le détail compte. La date de 2027 vise les bâtiments neufs et les nouvelles parties de bâtiments dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à compter du 1er janvier 2027. Tout le reste du parc, maisons individuelles comme copropriétés, bascule au 1er janvier 2030.
Que dit exactement le décret ?
Le décret n° 2023-444 du 7 juin 2023 impose de placer sur les installations de chauffage un système de régulation automatique de la température par pièce. Il vise le tertiaire comme le résidentiel, le logement individuel comme la copropriété, le neuf comme l’ancien. C’est le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 qui a décalé l’échéance pour l’existant.
Techniquement, le dispositif doit réguler la température pièce par pièce ou, lorsque c’est justifié, par zone de chauffe, un étage ou un groupe de pièces. Il doit permettre de programmer au moins quatre modes : confort, réduit, hors gel et arrêt. Rien n’impose qu’il soit connecté : un thermostat programmable classique suffit.
Deux précisions utiles. Depuis 2018, l’installation d’un thermostat est déjà obligatoire lors de la pose d’une chaudière neuve, ce qui règle le sujet pour une partie du parc. Et des exemptions existent lorsque l’installation n’est pas techniquement ou économiquement réalisable, par exemple si le temps de retour sur investissement dépasse dix ans, étude à l’appui, ou pour les appareils dont l’alimentation en combustible n’est pas automatisée.
Propriétaire ou locataire : qui installe, qui entretient ?
La répartition est claire. C’est au propriétaire de faire installer le thermostat, qu’il occupe son logement ou qu’il le loue. Un bailleur ne peut donc pas renvoyer cette obligation à son locataire.
Le locataire, lui, a la charge d’entretenir l’installation, comme pour les autres équipements du logement. En copropriété, la distinction habituelle s’applique : sur un chauffage individuel, chacun équipe son lot, tandis qu’une installation collective relève de décisions prises à l’échelle du syndicat.
Combien coûte un thermostat, et lequel choisir ?
Le budget dépend surtout du type d’installation et du nombre de pièces à équiper. Un thermostat d’ambiance pilote la chaudière, des têtes thermostatiques règlent chaque radiateur : sur un chauffage central, les deux se complètent.
| Équipement | Prix indicatif, hors pose |
|---|---|
| Thermostat programmable non connecté | à partir d’une cinquantaine d’euros |
| Thermostat connecté | 100 à 350 € selon les fonctions |
| Tête thermostatique connectée, par radiateur | 50 à 80 € |
Le bon choix dépend de votre chauffage. Avec une chaudière ou une pompe à chaleur, un thermostat d’ambiance programmable constitue la base, complété par des têtes sur les radiateurs pour obtenir une vraie régulation par pièce. Avec des radiateurs électriques récents, la fonction est souvent déjà intégrée, via le thermostat de l’appareil et le fil pilote.
Ajoutez la pose si vous ne la réalisez pas vous-même. Un thermostat sans fil se remplace souvent sans intervention lourde, alors qu’un modèle filaire ou une installation neuve demande un électricien ou un chauffagiste.
Quelles économies attendre vraiment ?
Selon l’ADEME, installer un dispositif de ce type peut entraîner jusqu’à 15 % d’économie d’énergie de chauffage. C’est un ordre de grandeur crédible, mais notez le « jusqu’à » : il s’agit d’un plafond, pas d’une garantie.
Le gain vient de deux leviers. La programmation d’abord, qui évite de chauffer un logement vide aux heures de travail ou la nuit. La régulation pièce par pièce ensuite, qui cesse de chauffer une chambre comme un salon. L’ADEME donne des repères simples : 19 °C dans les pièces à vivre quand elles sont occupées, 17 °C la nuit, et 17 °C en permanence dans les chambres.
L’économie réelle dépend donc de vos habitudes de départ. Si vous chauffiez déjà à 19 °C en baissant la nuit, le gain sera modeste. Si toute la maison est à 21 °C en permanence, y compris quand personne n’est là, il sera nettement plus visible. Un thermostat ne fait pas d’économies tout seul : il rend possibles celles que vous décidez.
Existe-t-il des aides pour s’équiper ?
Le coup de pouce dédié n’existe plus. Le dispositif « Pilotage connecté du chauffage pièce par pièce », créé fin 2023, a été supprimé par un arrêté du 18 novembre 2024 : il ne peut plus être demandé depuis le 22 novembre 2024. Les offres qui le mettent encore en avant décrivent une aide disparue. La fiche standard des certificats d’économies d’énergie subsiste en revanche, et une prime CEE peut donc rester mobilisable selon les offres du moment, avec des montants sans commune mesure avec l’ancien coup de pouce.
Côté MaPrimeRénov, la régulation ne figure pas parmi les gestes financés au titre du parcours par geste. Autrement dit, poser un thermostat seul n’ouvre pas droit à cette aide. Le geste peut en revanche s’intégrer à un projet plus large, où il accompagne le changement de chauffage ou les travaux d’isolation.
Gare au démarchage au thermostat obligatoire
Une obligation légale, une date qui approche, une aide qu’on agite : c’est le scénario rêvé pour un démarcheur. L’argument du thermostat obligatoire en 2027 revient d’autant plus qu’il paraît vérifiable, alors qu’il est devenu inexact pour l’immense majorité des logements.
Rappelez-vous que le démarchage non sollicité est interdit dans la rénovation énergétique, et qu’aucun service public ne vous appellera pour vous vendre un équipement. Les réflexes à adopter, et les recours si vous avez signé, sont détaillés dans notre article sur les arnaques à la rénovation énergétique.
Un thermostat ne remplace pas l’isolation
C’est la limite qu’aucun argumentaire commercial ne mentionne. Réguler finement la température d’un logement mal isolé revient à mieux piloter des pertes qui restent entières. Le thermostat optimise la consommation, il ne réduit pas les déperditions du bâti, et il ne fait pas gagner de classe au diagnostic.
Il trouve donc sa place après l’enveloppe, ou avec elle, pas à la place. C’est toute la logique expliquée dans notre article sur l’avantage de la rénovation d’ampleur, où isolation, ventilation et régulation se répondent, et dans le comparatif rénovation d’ampleur ou par geste.
Reste la question du budget, car ces travaux-là ne coûtent pas cinquante euros. Faire financer votre reste à charge par VesTY, une fois les aides déduites, évite d’alourdir votre budget chaque mois.
Questions fréquentes
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Le thermostat doit-il obligatoirement être connecté ? Non, et c’est l’un des malentendus les plus répandus. Le texte exige un système de régulation automatique de la température par pièce, capable de programmer au moins quatre modes : confort, réduit, hors gel et arrêt. Un thermostat programmable classique, sans application ni connexion internet, remplit ces conditions. Le pilotage à distance depuis un smartphone est un confort supplémentaire, parfois utile pour ajuster une absence imprévue, mais il ne conditionne pas la conformité. Méfiez-vous donc des offres qui présentent le modèle connecté haut de gamme comme la seule façon de respecter la réglementation : c’est un argument de vente, pas une exigence légale.
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Quelle température programmer pièce par pièce ? Les repères de l’ADEME sont simples à retenir : 19 °C dans les pièces à vivre lorsqu’elles sont occupées en journée, 17 °C la nuit, et 17 °C en permanence dans les chambres, où l’on dort mieux au frais. La salle de bains fait exception, avec une consigne plus élevée mais limitée aux créneaux d’utilisation, le matin et le soir. L’intérêt de la régulation par pièce est précisément là : elle permet ces écarts, impossibles avec un thermostat unique qui impose la même consigne partout. Commencez par ces valeurs, puis ajustez d’un demi-degré selon votre ressenti plutôt que de remonter l’ensemble.
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Risque-t-on une sanction si on n’installe pas de thermostat ? Les textes publiés ne prévoient pas d’amende spécifique visant le particulier, et ils organisent au contraire des cas d’exemption lorsque l’installation n’est pas techniquement ou économiquement réalisable. L’obligation n’en est pas moins réelle, et elle se matérialisera surtout aux moments de bascule : pose d’une chaudière neuve, où le thermostat est déjà exigé depuis 2018, travaux de rénovation, ou construction neuve. Plutôt que de raisonner en risque de sanction, mieux vaut considérer l’échéance de 2030 comme une date de mise en conformité progressive, à traiter au moment où vous touchez de toute façon à votre installation de chauffage.
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Les radiateurs électriques sont-ils concernés ? Oui, le texte vise les installations de chauffage sans distinguer l’énergie utilisée. La bonne nouvelle, c’est qu’un radiateur électrique récent embarque déjà un thermostat et un fil pilote, qui permettent la programmation et la régulation pièce par pièce : la fonction attendue est souvent présente sans travaux. Le sujet se pose davantage pour de vieux convecteurs sans régulation fine, qu’il faut alors piloter par un programmateur central ou remplacer. Dans ce cas, la question dépasse la conformité : un convecteur ancien consomme beaucoup, et son remplacement se réfléchit avec l’isolation plutôt qu’isolément.
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Sources
- Service-Public, à quelle date l’obligation d’installer un thermostat programmable sera-t-elle effective : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18805
- Légifrance, décret n° 2023-444 du 7 juin 2023 : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2023/6/7/TREL2232679D/jo/texte
- Légifrance, décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 modifiant les dates d’application : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2025/12/26/VLOL2531366D/jo/texte
- Service-Public, l’aide financière pour installer un thermostat connecté est supprimée : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A16968
- ADEME, pourquoi passer au thermostat programmable : https://librairie.ademe.fr/energies/5792-pourquoi-passer-au-thermostat-programmable-.html